Aurore

Chapitre premier
Je l’ai vu. C’était à la bibliothèque. Elle était là, plongée dans ce livre, ce livre qui m’a changé à jamais. Je n’ai rien de préféré, mais ce livre, il fait parti des meilleurs, selon moi bien sur. Le livre est un des livres d’une interminable série, mettant parallèlement différents univers, un livre destiné aux rêveurs. Les différents univers représentent les rêves d’un enfant, un enfant débordant, qui n’a que son imagination pour vivre, pour répondre à ses questionnements, pour se sentir en sécurité. Sa tête est son univers, et à l’intérieur de multiples autres univers naissent. Enfin assez parler de cette œuvre, parlons de cette jeune fille. Je me revois debout, béat, incapable de bouger, elle était, assise en tailleur, par terre, juste en dessous de l’étagère où sont rangés les livres que j’affectionne tout particulièrement. Timidement je m’étais approché d’elle, j’ai pris un livre au hasard et je me suis assis à même le sol, à côté d’elle, ne cessant de l’observer. Elle avait l’air angélique. En fait, elle: elle est l’incarnation parfaite; réelle ; en chaire et en os de l’amie imaginaire de mon enfance, d’où l’air idiot que j’ai dû avoir en la voyant. A mes cinq ans, elle n’était qu’imaginaire, elle était éphémère. Aujourd’hui je l’ai vu, de mes propres yeux. Oui je me suis pincé pour être certain de ne pas rêver cette scène.., et c’était bien réel. La fille de mes rêves penchée sur le livre des rêveurs. La beauté de mes rêves dévorant le livre des rêveurs, quelle étrange et jolie coïncidence, ne trouvez-vous pas ? Jolie est-elle, non je ne parle pas de la coïncidence, mais d’Aurore. Aurore ! Oh.. je suis légèrement confus, je ne sais son prénom, et je me permets de la nommer. Mais pourquoi pourriez-vous vous demander. Aurore c’est ainsi que s’appelait mon amie ; la première chose que j’ai vu chez elle, c’était ses cheveux, et comme Aurore, elle avait une façon bien à elle de se nouer les cheveux. C’était totalement brouillon, limite laid, mais chez elle, c’était élégant. Si maman l’avait vu, elle aurait certainement vu en elle un côté souillon, bohémien, que droite comme elle est, elle aurait désapprouvée. Mais il est incroyable comme ce « chignon » lui allait à merveilles. Ce côté décalé du chic et du classique, lui donnait l’air d’une enfant, totalement insouciante, naïve, innocente ; et encore ce n’est rien à côté de son odeur. En m’asseyant à ses côtés, j’ai cru rentrer dans un magasin de sucreries. Voyez-vous ces odeurs d’enfance ? Agréables et à croquer. Elle avait levé la tête, certainement pour observer la personne qui souhaitait lui tenir compagnie et là, c’est à peine si j’osais respirer. Elle m’a éblouie si je puis dire, si vous aviez vu ses grands yeux tout ronds. Un regard extrêmement profond, à travers on peut voir l’univers. Ses univers, ceux qu’elle a à l’intérieur, comme dans le livre. Verts ils sont dans la zone pupillaire, marrons dans la zone ciliaire, ces deux couleurs délimitées par une collerette légèrement jaune orangée, enfin, il me semble, dans l’ombre de ce coin de la bibliothèque, on voit peu ; une chose est sûre, j’ai à jamais cette rencontre gravée dans ma tête. Elle a commencé à entrouvrir ses lèvres comme si elle allait parler et.. oh ! Si elle se met à me parler ? Involontairement et surpris j’ai eu un mouvement de recul, il était temps que je me rende compte que depuis mon arrivée, je n’avais fait que l’admirer, non discrètement, et que le livre emprunté se trouvait encore fermé sur mes jambes en tailleur. Suite à mon léger sursaut, elle a choisi de ne rien dire et a esquissé un sourire avant de se replonger dans son voyage. Ce sourire. Son sourire. Merveilleux. Sans voix, j’en suis resté. Ses lèvres si pulpeuses..Voyons imbécile reprend tes esprits ! Onze heures quarante-trois, ça fait déjà une bonne heure que je suis à la bibliothèque et on ne peut pas dire que ce fut très productif et c’est déjà l’heure de rentrer ou je risque fortement de louper mon bus. Je pars donc, laissant derrière moi cette sublime créature. Pendant le trajet, je n’ai pu cesser de penser à elle, son image est gravée à jamais dans mon esprit. Je rentre, la tête légèrement dans les étoiles, encore plus maladroit qu’habituellement, je trébuche sur la dernière marche du perron ; ma tête a cogné la porte, immédiatement je reviens à la réalité. La fenêtre est ouverte. Ça sent bon. Je me demande ce qu’elle a bien pu faire, serait-ce des carrés de pommes de terre sautée accompagnées d’une côtelette d’agneau ? Très certainement ! En dessert, je pense qu’elle a fait des crêpes, ou alors je me trompe, c’est tout à fait possible aussi. Je me hâte de rentrer. Je me déchausse et fonce dans la cuisine. Mes prédictions sont-elles correctes ? Mystère. Vous ne saurez. Ma foi ce fut un bien délicieux repas. La table est débarrassée. Je vais m’étaler en étoile sur mon lit. Et Aurore revient. Son parfum, son visage. Elle est présente dans ma tête. Je la vois comme si elle était là, devant moi. Je me sens profondément bien, je la regarde ; je ne peux cesser de me remémorer ses moindres gestes de ce matin. Aurore devient vite l’objet de toutes mes pensées. Morphée m’a accueilli à bras ouverts. Milles aventures il m’offre lorsque tombent mes paupières. Aurore se balade ; je la croise, je l’attrape par la main, et nous voilà courant, cheveux au vent, vagabondant dans les plaines fleuries, toujours à la recherche de nouvelles aventures. Nous nous arrêtons riant, chantant, dansant, tombant d’épuisement, tous deux, un humble cerisier nous laisse nous asseoir à ses pieds, Aurore pose sa tête sur mes genoux. Infatigable demoiselle qu’est-elle, elle me conte ses journées, ses joies, ses peines ; sa voix charmante et musicale d’un air classique, s’envolant dans les airs les mots qu’elle prononce, son souffle est léger, elle n’en peut plus de parler. Jamais elle ne cesse. Ce n’est pas pour me déplaire. Comme dans ses lectures, elle me parle de ses différents univers intérieurs. Je bois ses paroles, je m’apaise avec ses mots. Je me sens observé, je ne peux que me réveiller pour que ce moment gênant puisse cesser. Mais que fait ma sœur ainsi là dressée devant moi, à m’observer.
« – Tu ne cessais de t’agiter, répétant inlassablement Aurore. Je me suis demandée qui cela pouvait-il bien être.
– Mais Mei !
– Je ne puis donc pas connaître l’identité de la jeune fille qui hante les rêves de mon grand frère ?
– Non. Retourne vaquer à tes occupations chenapan ! »
Adorable mais terriblement curieuse ; non mais comment peut-on oser interrompre un tel moment. Bippe ma montre : dix-sept heure. J’ai rêvé, je me souviens d’un cerisier en fleurs. Selon Mei, je parlais d’Aurore, qu’avais-je bien pu raconter ?
Je ne sais que faire. Ma vie n’est pas des plus passionnante, il faut se le dire.
Chapitre second
« A dos d’une coccinelle, d’un monde à un autre, elle me guide. Une lumière au loin.. ».
« Mince, me dis-je, ce chapitre touche à sa fin. »
« Cette lumière. Je vous quitte. Lointainement, un voix m’appelle, c’est désormais habituel.
 » Charles, où es-tu ?  »
Cette phrase du quotidien pour moi l’enfant rêveur, l’enfant dans la lune comme dit-on, l’enfant qui vit dans sa tête. »
Je ne puis me retenir de me demander pourquoi l’auteur nous donne de telles fins de chapitre, il est terrible de s’arrêter ainsi, au milieu de telles aventures ; développer les miennes, cela prend du temps, et vivre à travers des figures inventées, cela me suffit.
Si seule, souvent, je me sens. Afin de combler ce vide, je me complais à visionner encore et toujours de jolis films toujours plus intéressant les uns par rapport aux autres. Ne croyez dont pas que je suis de celle qui […]
Chapitre trois
« – Attends, non, en fait, ne pars pas. Dis-moi ce que j’ai bien pu raconter, dis-je tout bas. »
Elle se pencha vers mon oreille,..
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